Cryptographie post-quantique
PQC, post-quantum cryptography : des chiffrements qui résistent aux ordinateurs quantiques
Pourquoi changer avant l’ordinateur
Les méthodes qui protègent aujourd’hui les échanges sur internet, RSA et les courbes elliptiques, reposent sur des calculs qu’un ordinateur quantique assez puissant saurait résoudre. Une telle machine n’existe pas encore, mais un attaquant peut enregistrer dès maintenant des échanges chiffrés pour les ouvrir le jour venu : c’est la stratégie « récolter maintenant, déchiffrer plus tard ». Une donnée qui doit rester secrète dix ou vingt ans est donc déjà exposée.
Les normes de 2024
Le NIST américain a publié le 13 août 2024 trois normes issues d’un concours ouvert en 2016 : ML-KEM pour échanger une clé, ML-DSA et SLH-DSA pour signer. Elles reposent sur des problèmes mathématiques, comme ceux des réseaux euclidiens, pour lesquels aucun raccourci quantique n’est connu. Un projet du NIST prévoit de déconseiller les méthodes actuelles après 2030, puis de les exclure de ses normes après 2035.
La QKD, une autre voie
La distribution quantique de clés s’appuie sur la physique et exige des liaisons optiques dédiées. La cryptographie post-quantique n’est que du logiciel : elle circule sur l’internet ordinaire, et c’est elle qui se déploie à grande échelle.
Déjà en service
Chrome négocie par défaut, depuis sa version 131 de novembre 2024, une clé hybride à la fois classique et post-quantique avec les sites qui l’acceptent. OpenSSH en a fait son choix par défaut en avril 2025, et avertit depuis octobre 2025 quand une connexion s’en passe. Pour une entreprise, le premier pas est un inventaire : savoir où se trouvent ses chiffrements, et lesquels protègent des données à longue durée de vie.
Mise à jour : 28 septembre 2026
