Typosquatting

Typosquattage : une faute de frappe enregistrée comme nom de domaine

Le typosquatting consiste à enregistrer un nom de domaine presque identique à celui d’une marque ou d’une entreprise, pour profiter d’une faute de frappe ou d’un coup d’œil trop rapide. Le faux domaine sert ensuite à tromper.

Une lettre suffit

Un « l » remplacé par un « 1 », un « m » écrit « rn », une lettre doublée ou oubliée, un tiret ajouté, l’extension .com à la place de .ch : à l’écran, la différence ne se voit presque pas. Certains alphabets fournissent même des lettres identiques à l’œil, comme le « а » cyrillique, qui permettent de reproduire un nom au caractère près en apparence, alors que l’adresse est tout autre.

À quoi sert le faux domaine

À héberger une copie du site pour récolter des identifiants ou des paiements ; à envoyer des courriels qui semblent venir de l’entreprise, vers ses clients ou vers sa comptabilité ; à capter le trafic de ceux qui se trompent d’adresse. La fraude au faux fournisseur, où une facture arrive avec un nouvel IBAN depuis une adresse presque correcte, en est un usage courant, et coûteux.

Ce qui permet de le faire retirer

Pour les domaines en .ch, le registre Switch peut bloquer un nom qui sert à l’hameçonnage ou à diffuser des logiciels malveillants, en vertu de l’ordonnance sur les domaines Internet : le titulaire est sommé de retirer le contenu, et le domaine est désactivé s’il ne le fait pas dans un délai d’un jour ouvrable. Pour les autres extensions, le retrait passe par le bureau d’enregistrement ou l’hébergeur, à condition d’établir l’abus. Un domaine qui ressemble au vôtre mais n’héberge encore rien est, lui, bien plus difficile à faire disparaître.

Voir venir

Un faux site qui veut afficher le cadenas du navigateur doit obtenir un certificat, et ces certificats sont inscrits dans des registres publics dès leur création. Une surveillance régulière de ces registres repère souvent un faux domaine avant qu’il serve, et laisse le temps d’avertir ses clients et d’en demander le retrait. Enregistrer soi-même les variantes les plus évidentes de son nom coûte une dizaine de francs par an et par nom, et ferme d’emblée une partie des portes.

Mise à jour : 27 septembre 2026