Post-mortem
Post mortem, latin pour « après la mort » : le retour écrit sur un incident
De la médecine à l’informatique
Le terme vient de l’examen médical pratiqué après un décès pour en établir la cause. L’informatique l’a repris pour les pannes graves, et Google l’a codifié dans le livre que ses ingénieurs ont consacré à l’exploitation de ses services : un compte rendu écrit de l’incident, de son impact, des mesures prises, de ses causes profondes et des actions qui doivent suivre. Le même livre en attend un après toute perte de données, quelle qu’elle soit.
Sans coupable désigné
La règle qui a fait école est celle du post-mortem « sans reproche » : il part du principe que chacun était de bonne foi, et Google précise qu’il ne s’agit pas d’une punition, mais d’une occasion d’apprendre pour toute l’entreprise. Sans cette règle, ceux qui ont vu quelque chose se taisent, et le rapport ne retient que ce qui arrange.
Après une cyberattaque, une question de plus
Une panne s’arrête quand le service repart. Une intrusion, non : le post-mortem doit aussi établir par quelle porte l’intrus est passé, ce qu’il a consulté, ce qu’il a emporté et ce qu’il a laissé derrière lui. C’est en reconstituant la chronologie à partir des journaux, et en la recoupant avec d’autres sources, que l’on découvre souvent l’ampleur réelle d’une attaque.
Ce qui le rend utile
Des faits datés plutôt que des impressions, une action et un responsable pour chaque point à corriger, une relecture par ceux qui étaient présents, et un rendez-vous fixé quelques mois plus tard pour vérifier que les corrections ont bien été faites. Un post-mortem rangé dans un tiroir ne protège de rien.
Mise à jour : 17 octobre 2026
