Fraude au président
CEO fraud : le faux ordre d’un dirigeant qui n’a rien demandé
Un scénario écrit d’avance
Le message arrive quand le dirigeant est absent : en voyage, en vacances, retenu par un salon. Il annonce une opération que personne ne doit encore connaître, un rachat ou une affaire délicate, et s’adresse à une seule personne, souvent flattée d’avoir été choisie. Un second interlocuteur, présenté comme un conseiller externe, prend ensuite le relais pour régler les détails du paiement.
Le secret comme levier
Tout repose sur une consigne : n’en parler à personne. Elle isole la victime des collègues qui auraient reconnu la supercherie, et désactive d’avance le double contrôle. Ce qu’il faut savoir pour paraître crédible — le nom du responsable financier, l’organigramme, les déplacements annoncés du dirigeant — se trouve souvent sur le site de l’entreprise, au registre du commerce ou sur les réseaux professionnels.
En Suisse et ailleurs
L’Office fédéral de la cybersécurité a reçu 970 signalements de fraude au CEO en 2025, contre 719 l’année précédente, soit une hausse de 35 %. La voix et le visage s’imitent désormais aussi : en 2024, un employé du bureau de Hong Kong du groupe d’ingénierie Arup a exécuté quinze virements, l’équivalent de 25 millions de dollars, après une visioconférence où tous les autres participants, directeur financier compris, étaient des deepfakes.
La règle qui la désamorce
Le dirigeant l’annonce lui-même, à l’avance et par écrit : il ne demandera jamais un paiement hors de la procédure habituelle, quelle que soit la discrétion invoquée. Une double signature au-delà d’un certain montant, et un rappel du demandeur au numéro que l’on connaît déjà, font le reste. Plus une demande insiste sur le secret, plus elle mérite d’être partagée.
Mise à jour : 28 septembre 2026
